L’appellation « Sur-Mesure » très restrictive

Catégorie(s) : Costume Sur-mesure décrets

Le « vrai » sur-mesure.

Pour le premier billet de ce blog, en quelque sorte son inauguration, nous avons choisi d’aborder un sujet finalement assez méconnu, mais qui nous tient évidemment à cœur : le sur-mesure.

C’est aujourd’hui très courant, voir systématique, de voir l’appellation « sur-mesure » lorsque l’on parle de costumes réalisés selon les mesures du client. Comme vous l’avez peut-être remarqué, nous n’utilisons pas ce terme pour nos productions, à l’inverse de l’immense majorité des entreprises de notre profession ; pour la bonne et simple raison qu’il s’agit d’un terme protégé selon le décret du 4 Janvier 1955 qui concerne le commerce des vêtements masculins, de la loi du 1er Août 1905 sur la répression des fraudes.

C’est dans le cadre d’une entrevue avec l’AFT – Association Formation Tailleur, l’école des tailleurs – que nous avons appris cette restriction. Ainsi, le terme « sur-mesure » n’est pas le seul à être règlementé : « tailleur » et « maison de tailleurs » sont également sous le coup de ce décret, qui est là pour protéger le métier de tailleur et la fabrication du sur-mesure.

Ce billet a vocation d’information pour l’ensemble des clients du sur-mesure et de la mesure industrielle – comme Urfé Paris – afin d’éviter au consommateur d’être abusé.
Voici l’article 1er de ce décret : Peut seul être désigné par l’appellation « tailleur » tout vêtement masculin de dessus dont le client a choisi le tissu et le modèle, et pour l’exécution duquel les opérations de coupe, d’essayage et éventuellement de retouches, sont faites par une main d’œuvre spécialisée, d’après les mesures personnelles du client prises préalablement à l’unité, ladite main d’œuvre étant rétribuée sur la base des tarifs de la Convention Collective en vigueur pour la profession, travaillant principalement à la main, et ne faisant appel à la machine que pour les opérations accessoires d’assemblage et sous les directives personnelles d’un maître tailleur ou d’un coupeur.

Un vêtement sur-mesure est donc identifiable premièrement par son mode de fabrication. Celui-ci implique un travail réalisé quasiment exclusivement à la main par des artisans spécialisés, supervisés par un maître tailleur. Un costume, par exemple, nécessite près de 80h de travail. Cela représente un coût de près de 1300€ uniquement pour la main d’œuvre : un coupeur gagne entre 4.000 et 5.000€, un culottier environ 200€ par pantalon, etc. Doivent encore être ajouté à cela le prix de l’ensemble des pièces utilisées, telles que les tissus et les fournitures. Le coût moyen de production se situe donc globalement entre 1.500 et 1.600 euros minimum, ce qui vous laisse imaginer le prix de vente d’un costume d’une telle qualité. Il s’agit là d’un « vrai » costume sur-mesure qui n’a donc absolument rien à voir avec la majorité des costumes « aux mesures » vendus dans le commerce aujourd’hui. Un costume fait entièrement à la main a une durée de vie de 10 à 15 ans, ce qui prouve une fois de plus la qualité très supérieure d’une confection sur-mesure.

Bien évidemment, notre but n’est certainement pas de dénigrer les « vêtements aux mesures mode industriel » ; mais d’informer les clients sur ce qui leur est proposé et vendu, afin de ne pas être trompé sur ce qu’ils achètent. La « mesure industrielle » – notamment chez Urfé Paris – est certainement l’une des meilleures opportunités pour obtenir un vêtement à sa mesure, correspondant à sa personnalité et de qualité, tout en étant beaucoup plus abordable que la confection sur-mesure d’un tailleur.

Notre intérêt est donc de communiquer sur ce point, puisque généralement le consommateur est réceptif à l’appellation « sur-mesure » et beaucoup moins à l’appellation « aux mesures », ce qui explique pourquoi les entreprises ne l’utilise pas. Il n’en reste pas moins que « sur-mesure » et « tailleur » sont des termes protégés qui ne doivent donc pas être utilisés à tort et à travers.

Yves – Urfé Paris

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